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REVUE DE PRESSE

La galerie fête ses 40 ans - Carte blanche à Pierre Wat

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7 juillet 2026

Par Marie Maertens, Timothée Chaillou, Valérie de Maulmin

Cet été, les galeries parisiennes offrent une constellation d'expositions gratuites à ne manquer sous aucun prétexte : portrait, abstraction, rituels africains ou forêts enchantées, il y en a pour tous les regards.

40 ans de création chez Berthet-Aittouarès

L’anniversaire d’une galerie est l’occasion de plonger dans les archives, revoir les artistes qui ont exposé, et convier des critiques à accompagner cette réflexion. L’historien de l’art Pierre Wat inaugure cette relecture qui se développera durant deux ans, mettant en avant l’abstraction qu’il connaît bien, notamment de Pierre Tal Coat ou de Hans Hartung, ou ceux travaillant sur la ligne et l’écriture (avec une quarantaine de pièces de 1500 € à 250 000 €). Lorsque Michèle Aittouarès a ouvert son enseigne en 1986, le marché était fort actif, mais il a vite été atteint par la guerre du Golfe. Elle s’est alors interrogée sur le sens de l’art et de sa recherche personnelle. Examiner l’ensemble de ce parcours lui a donné l’envie, avec sa fille Odile qui l’a rejointe il y a vingt-cinq ans, de remontrer André Marfaing ou Vera Molnár, et d’exposer à nouveau la jeune génération, celle de Yann Bagot ou de Sophia Fassi. Parmi les pépites, elles ont retrouvé un livre-objet du poète surréaliste Jindřich Heisler, aujourd’hui demandé en prêt par plusieurs institutions.

« Carte blanche à Pierre Wat », galerie Berthet-Aittouarès, 14-29, rue de Seine, 75006 Paris, jusqu’au 18 juillet

Pierre Tal Coat, Le Rocher vert, 1950, huile sur toile, 78 x 78 cm, courtesy de la galerie Berthet-Aittouarès, Paris

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20 juin 2026
Par Guillaume Benoit

Il est des lieux où l’histoire de l’art se vit et s’écrit autant qu’elle s’expose, se discute et se réinvente. À l’occasion de son quarantième anniversaire, la galerie Berthet-Aittouarès a confié à l’historien de l’art Pierre Wat le commissariat inaugural d’une série de présentations puisant dans un fonds d’une richesse formidable, toujours guidé par le goût et l’intuition d’un désir sincère de formes singulières, porteuses d’une vision alternative du monde.

La sélection offre ainsi un voyage saisissant dans cette histoire à l’œuvre, où les rencontres artistiques se conjuguent aux parcours de vie, ceux des artistes comme ceux des galeristes qui les ont accompagnés. Imposant un véritable rythme dans l’espace, l’accrochage joue des résonances et des dissonances entre des œuvres de haute tenue, où les mécaniques de prolifération s’opposent à la stase. De variations en réinventions, les repères se troublent pour embrasser la complexité de regards parmi les plus riches du XXe siècle et de certains de leurs prometteurs successeurs. Les signes et impressions d’Henri Michaux, de Jean Degottex et de Hans Hartung dessinent des paysages habités par la calligraphie végétale des arbres d’Antoine Schneck ou de Marisa Albanese. Les écritures investissent les corps chez Nil Yalter puis s’en émancipent pour devenir leur propre support avec Vera Molnar.

Vera Molnar, Plotter, 1973 (Détail) — Table traçante sur papier, 123,5 x 77,5 cm Courtesy Galerie Berthet-Aittouarès.

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Vue de l’exposition La galerie fête ses 40 ans — Carte blanche à Pierre Wat, galerie Berthet-Aittouarès, Paris

La « ligne » pensée par Pierre Wat au centre de son commissariat renvoie à celle d’un style, d’une manière, pour chacun d’entre eux, d’avoir su trouver une expression plastique conjuguant geste et sens, un art inséparable de sa manière d’être. Le « faire », confondu avec l’être, exprime dans chaque œuvre un monde qui nous percute en tout lieu. Baya, Sophia Fassi ou encore Bertrand Hugues s’illustrent, pour leur part, à travers des compositions plus figuratives mais tout aussi vibrantes, jouant de vertus narratives non moins ouvertes.

Cette synthèse vibrante trouve son point d’orgue dans le socle placé à l’entrée, sur lequel repose un splendide coffret de Jindrich Heisler. Celui-ci surmonte, de son charme ensorcelant, les témoignages d’affection adressés aux galeristes, dont on constate que l’engagement nourrit bien plus que leur propre existence : il illumine aussi celle des autres.

LE JOURNAL DES ARTS

28 mai 2026

Par Christine Coste

Michèle Aittouarès et sa fille évoquent la création de la galerie et leur aventure complice faite de liberté et d’engagement artistique.

En septembre 1986, Michèle Aittouarès crée la galerie Berthet-Aittouarès, au 29 rue de Seine, dans le quartier Saint-Germain-des-Prés. Quelques années plus tôt, elle avait commencé son métier de galeriste avec son mari, Jean-François Aittouarès, d’abord aux Puces puis rue de la Grange-Batelière. Sa première exposition « Juin de l’abstraction » réunit des œuvres de Jean Bazaine, Elvire Jan et Alfred Manessier. Suivront des expositions d’artistes de l’École de Paris puis d’art brut et art singulier... En 1999, sa fille Odile, après cinq années passées à Rome, la rejoint. En 2014, la galerie s’étend à deux pas, au 14 rue de Seine, avec la reprise des espaces de la galerie de Jean-François Aittouarès, décédé en août. La galerie célèbre ses quarante ans d’activité, mais aussi une histoire mère-fille complices.
 

Qu’est-ce qui vous a amenée, Michèle, à créer votre propre galerie ?
 

J’avais un mari charmant, mais très autoritaire. J’étais toujours contrariée dans mes élans. J’ai donc décidé de créer ma propre galerie. Mon mari était inquiet d’où le nom de Berthet-Aittouarès pour la distinguer de sa propre galerie. Berthet est mon nom de jeune fille.
 

Odile, pourquoi avoir rejoint votre mère ?
 

Peu de temps après mon retour à Paris, Claire, la collaboratrice de ma mère, me propose de la remplacer, bien que ma mère ait toujours refusé de travailler avec ses enfants. Je rentrais de Rome où je venais d’écrire ma thèse sur Émile Othon Friesz. Je ne me projetais pas dans le métier de galeriste bien que parler d’art autour de la table, quand nous étions jeunes, allait de soi et a été un bonheur. M. A. La transmission s’est faite naturellement. On a de la chance, on aime les mêmes artistes.

O. A. Oui, mais de cela, on s’en est rendu compte au fur et à mesure. Quand je suis arrivée, j’étais à l’écoute, je venais pour t’aider. Et puis, surtout, j’avais conscience que la galerie c’était ton histoire : tu avais fait des sacrifices pour la créer, la faire vivre et donc je ne devais pas venir perturber tout cela, au contraire je devais faciliter son épanouissement. Puis au fur et à mesure, je me suis investie et ton histoire est devenue aussi la mienne, mais aussi une histoire mère-fille qui se rendent compte qu’elles ont en commun le même moteur de fonctionnement que sont la curiosité et la liberté. On ne s’est jamais enfermées dans quoi que ce soit.

M. A. Notre liberté de choix, c’est de travailler sans financier.
 

Comment avez-vous souhaité célébrer les 40 ans de la galerie ?
 

O. A. On souhaite évoquer, à travers trois expositions successives, les découvertes, les amitiés, les liens avec les artistes et les écrivains qui ont soutenu leur travail. Tout cela forme une dynamique dans laquelle on vit. On a donné carte blanche à Pierre Wat, auteur, historien d’art et fidèle partenaire de la galerie, pour composer la première exposition. Une exposition des artistes qui ont accompagné la galerie depuis quarante ans, de Pierre Tal Coat à Jean Degottex, Hans Hartung, Vera Molnár à Yann Bagot. Et on a demandé à des écrivains qui nous ont accompagnés d’écrire ce qu’ils pensent de la galerie. En septembre-octobre, suivra l’exposition « Henri Michaux et Zao Wou-Ki, Chine-Occident », puis en novembre, dans le cadre du « Bicentenaire de la photographie » et du festival « PhotoSaintGermain », une exposition de nos photographes : Mario Giacomelli, Jean Dieuzaide, John Craven, Édouard Boubat, Daniel Frasnay, Letizia Battaglia, Malik Sidibé, Peter Knapp et Antoine Schneck.
 

Au cours de ces quarante années, vous n’avez jamais été tentées parfois d’arrêter ?
 

M. A. Jamais. Certes, il y a eu de gros « bas ». Ainsi, lors de la guerre du Golfe (ndlr en 1991), j’ai habité dans ma galerie. C’est le plaisir d’exercer ce métier, les rencontres, les découvertes qui m’ont fait tenir. C’est une grande chance…
 

Qu’avez-vous appris, découvert l’une de l’autre en travaillant ensemble ?
 

M. A. Qu’elle est intelligente et courageuse.

O. A. Michèle m’a appris l’écoute, l’importance de l’humain, et à travailler, comme elle, à cœur ouvert. Quand j’ai commencé à la galerie, ma fille qui était petite, m’a dit : « Tu as beaucoup de chance. » Je lui demande pourquoi ? « Parce que tu vois ta mère tous les jours. » Il est vrai que c’est un privilège de travailler avec les gens que l’on aime.

La galerie fête ses 40 ans. Carte blanche à Pierre Wat,

jusqu’18 juillet, galerie Berthet-Aittouarès,14-29, rue de Seine, 75006 Paris.

LE JOURNAL DES ARTS

27 mai 2026

Les vernissages cette semaine dans les galeries parisiennes​
 

Retrouvez jour par jour, les vernissages dans les galeries parisiennes du mercredi 27 au samedi 30 mai.

Cette semaine, les galeries parisiennes présentent aussi bien des artistes émergents que des figures historiques. Dans le Marais, OBRAS réunit Ana Pau Noriega, Eugénie Flochel ou Gaspard Fleury Dugy autour du textile, de la photographie et de la sculpture. Dans le 8e arrondissement, Yves Klein dialogue avec Lita Albuquerque et Jack Goldstein chez Mitterrand, tandis que la galerie Taménaga dévoile les paravents et dessins à l’encre du Japonais Sohey Iwata. À Saint-Germain-des-Prés, Sébastien de Ganay expose ses formes en tôle pliée, James Chedburn ses bateaux mécaniques, et la galerie Berthet-Aittouarès célèbre ses 40 ans avec une carte blanche à Pierre Wat autour d’Hans Hartung ou Vera Molnar. Photographie, monochromes, installations et archives d’André Malraux complètent cette semaine de vernissages.

Vera Molnár, Plotter, 1973. Table traçante sur papier, 123, 5 x 77, 5 cm.

 VENDREDI 29 MAI

Saint-Germain-des-Prés

Galerie Berthet-Aittouarès : « La galerie fête ses 40 ans - Carte Blanche à Pierre Wat »

14-29 rue de Seine, 75006 Paris

Fondée en 1986 par Michèle Aittouarès, rejointe en 2000 par sa fille Odile Aittouarès, la galerie Berthet-Aittouarès célèbre ses 40 ans avec trois rendez-vous dédiés aux artistes qu’elle défend. Le premier, à l’occasion de Paris Gallery Weekend, prend la forme d’une carte blanche confiée à l’historien de l’art Pierre Wat autour d’André Marfaing, Vera Molnar, Hans Hartung ou encore Nil Yalter.
➔ Jusqu’au 18 juillet 2026.

LA GAZETTE DROUOT

22 mai 2026

Annick Colonna-Césari

Les nouvelles ambitions de Paris Gallery Weekend

 

Malgré la conjoncture internationale, la 13e édition de la manifestation organisée par le CPGA prend de l’ampleur, et les marchands continuent de se serrer les coudes.

Tal Coat, Le rocher vert, 1950, huile sur toile. 76,5 x 78 cm_Galerie Berthet-Aittouarès.j

[...] Pour fêter quarante ans d'activité, Michèle et Odile Aittouarès ont ainsi invité l'historien de l'art Pierre Wat à remonter l'histoire de la galerie en présentant une sélection de ses œuvres, de Tal Coat à Vera Molnar en passant par le jeune Yann Bagot [...]

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