JEAN PIERRE SCHNEIDER

LES FEMMES ET LA MER

Comme s'il ne manquait rien...

03 février - Prolongation jusqu'au 12 mars

Vernissage jeudi 03 février

Dossier de presse

Jean Pierre Schneider

Comme s’il ne manquait rien

« Je pourrais être complètement abstrait. Ce n’est pas le sujet qui fait le tableau. Ce que je cherche c’est le rapport au Monde, au temps, à l’espace qui nous entourent. », dit Jean Pierre Schneider.

Depuis cinquante ans, pourtant, sa peinture semble avancer par thèmes. Chaque période, de fait, porte un titre qu’il emprunte à un auteur avec lequel il a une affinité : Yves Bonnefoy, Les Planches courbes, Stig Dagerman, « personne ne peut exiger de la mer qu’elle porte tous les bateaux », Jean Genet, Le Funambule... Parfois c’est dans la peinture et son histoire qu’il va puiser son inspiration, avouant ainsi sa passion pour certains maîtres : Manet, Cézanne ou le Caravage. Thèmes et références existent, mais ils sont comme un déclencheur, un moyen de peindre qui n’aboutit jamais à un enfermement. Pour qualifier l’ensemble d’un travail, Schneider rejette le terme « série », lui préfèrant celui de « suite », en référence à la musique. Peindre, c’est interpréter librement, faire des variations.

C’est donc l’envie de peindre qui le motive avant tout. Il dit : « Je suis d’abord un peintre qui dialogue avec la surface, qui s’équilibre, qui se déséquilibre, qui se trouve en tout cas. »

La matière est généreuse, épaisse, elle déborde de la toile. Il « charge » le tableau, mais se défend toujours d’être un peintre matiériste. Alors il lisse sa surface, comme pour la calmer et y inscrire l’essentiel. La surface devenue peau de sa toile, veloutée, mate, nourrie de poudre de marbre mélangée aux pigments, renvoie à la douceur des fresques du Quattrocento.

Aujourd’hui, Schneider peint des amphores. Pourquoi ? La simplicité de la forme, dit-il, elle lui rappelle les principes essentiels du dessin : la courbe et la droite de l’axe. Manière, par cette référence à un sujet archaïque, de revenir au principe originaire du dessin.

La jarre, ou l’amphore, servait, dans des temps reculés, à transporter des denrées rares : l’huile, le vin. Elle est ainsi symbole de vie, dont la forme arrondie, tel un ventre, évoque aussi l’enfantement.

C’est la femme qu’incarne cette forme simple, hiératique. Aujourd’hui, Jean Pierre Schneider la lie à un poème de Yannis Ritsos, « Les vieilles femmes et la mer ». De celui-ci, il extrait ces quelques mots « Comme s’il ne manquait rien... », qu’il grave dans sa matière minérale. La femme-jarre, cette forme droite, noblement érigée, révèle le véritable sujet. Éloge de la dignité.

Dans toutes ses compositions, que ce soit « les jarres », « l’homme penché », ou les « jetées », Jean-Pierre Schneider traitent de l’échange entre l’espace et le sujet. Il peint : air, terre, eau, deviennent espace qui se fait matière. La peinture est une façon, concrète, d’interroger notre rapport au monde. Avec ses deux mains, l’artiste tire sur son couteau, étend sa pâte, creuse, grave, puis effleure la surface. La peinture est traversée, la peinture est présence. Celui qui traverse est modifié par sa traversée. Celui qui traverse modifie le monde par sa traversée.

Galerie Berthet-Aittouarès
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