

Henri Michaux, 1964, encre de Chine sur papier, 75 x 105 cm
Galerie Berthet-Aittouarès, stand 79
Peinture écriture de 1960 à nos jours
du 25 janvier au 1er février 2026
Palais 3, 4 et 8. Entrée uniquement via le Palais 4
Place de Belgique 1, 1020 Bruxelles

Zao Wou Ki, 1960, aquarelle et encre sur papier, 47 x 35 cm

Yann Bagot, Myriades, 2023, encre de Chine et sel marin sur papier, 76 x 56 cm

Cette année, la galerie Berthet-Aittouarès met l’accent sur une expression abstraite résolument gestuelle. Fidèle à son intérêt pour le trait, le geste et la calligraphie — de Michaux à Zao Wou-Ki, de Mark Tobey à Hans Hartung, Vera Molnar ou Yann Bagot — la galerie Berthet-Aittouarès explore depuis toujours la richesse d’une « expression signe », une peinture où le geste devient langage et méditation.
Henri Michaux, figure inclassable né à Namur en 1899 et disparu à Paris en 1984, incarne parfaitement ce dialogue entre écriture poétique et peinture. Refusant toute « plénitude facile », il privilégie l’expérimentation et ouvre sans cesse de nouveaux chemins. Grand voyageur, il découvre l’Extrême-Orient en 1930, voyage fondateur qui nourrira son récit Un Barbare en Asie (1931). Sa rencontre avec Zao Wou-Ki en 1949 sera tout aussi déterminante. En 2004, pour Chine Occident ou l’aventure du signe, Michèle et Odile Aittouarès invitaient personnellement Zao Wou-Ki à dialoguer avec l’œuvre de son ami Michaux. La galerie Berthet-Aittouarès a déjà consacré au peintre franco-belge plusieurs expositions et ouvrages. … Qui n’a voulu un jour saisir plus, saisir mieux, saisir autrement, et les êtres et les choses, pas avec des mots, ni avec des phonèmes, ni avec des onomatopées, mais avec des signes graphiques ?…
Henri Michaux Dans ce rapprochement entre Asie et Occident, il ne manquait que l’incontournable Mark Tobey (1890–1976). Artiste américain majeur, exposé dès 1929 au MoMA et souvent considéré comme ayant influencé Jackson Pollock, Tobey étudie la calligraphie chinoise et la peinture zen dès les années 1930. Après des séjours en Chine et au Japon, il choisit finalement de s’installer en Europe. Son œuvre, souvent décrite comme musicale, trouve une résonance particulière dans la peinture présentée cette année par la galerie Berthet-Aittouarès à la Brafa, issue de la collection du pianiste suisse François Gaudard, qui interpréta en 1967 les 17 pièces pour piano composées par Tobey.
Du geste calligraphique au dripping, on arrive naturellement à Hans Hartung, que la galerie représente depuis de longues années. L’œuvre de 1957 présentée cette année témoigne de son amitié avec Zao Wou-Ki : Hartung y utilise un pinceau chinois que ce dernier lui aurait offert.
Le dessin se réinvente également avec Vera Molnar, pionnière de l’art numérique, qui réalise dès les années 1960 les premiers dessins informatiques à la table traçante. Elle a été célébrée en 2024 par une importante exposition personnelle au Centre Pompidou, à la veille de ses 100 ans.
Enfin, le parcours se conclut avec le plus jeune artiste présenté, Yann Bagot (né en 1983). Son travail, où il fait corps avec le paysage marin, explore les réactions de l’encre, du sel et de l’eau pour « peindre » ou « écrire » la mer.
Mark Tobey, Landscape, 1967, Tempera sur papier 26,5 x 48,6 cm

Vera Molnar, Structure + Horizontales, 1969,
Dessin sur table traçante unique sur papier Benson France, 31 x 31 cm

Hans Hartung, 1957,Technique mixte sur papier marouflé sur toile 12 x 17,5 cm




