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Yann Bagot s’imprègne de l’âme des lieux pour en refléter la matière et la lumière. | OUEST-FRANCE

Les trois artistes, Yann Bagot, Jean Baptiste Née et Tomas Amorim, mêlent géographie et relief pour des œuvres inscrites dans la matière. Ils exposent à la galerie Robet-Dantec, à Nantes, jusqu’au samedi 19 octobre.

Après une précédente exposition très remarquée l’an passé, voilà Yann Bagot de retour avec un travail aussi exceptionnel, dans la même veine. Invité en résidence par l’institut français Villa Saint-Louis du Sénégal, l’artiste poursuit sa quête de l’instant sur un lieu. Là, il a exploré les métamorphoses du fleuve Sénégal et ses interactions en terre et eau. Il expose, à la galerie Robet-Dantec, à Nantes, jusqu’au samedi 19 octobre, avec deux autres artistes.

Yann Bagot travaille à même le sol, où il dépose, à plat, son support papier. Puis il s’empare des matières à portée de main, et mêlant encre, eau, sable, gomme arabique, il se connecte in situ aux mouvements et éléments physiques qui l’entourent. « En les saisissant, je cherche à créer un lien direct avec eux, confie l’artiste. Je vis une sorte d’incantation du lieu. » En épousant ainsi au plus profond l’âme de son sujet, Yann Bagot parvient à un résultat remarquable. Ses compositions reflètent à merveille les ondulations des horizons aqueux. En sculptant la lumière avec tant de vivacité, Yann Bagot retranscrit la vie avec maestria.

Sénégal, Ardèche, Brésil

Jean Baptiste Née est peintre et scénographe. Son travail présente des similitudes avec la démarche de Yann Bagot. Car lui aussi travaille avec son support à même le sol. Ici, c’est le sentier des Lauzes, en Ardèche, qui l’a inspiré, où l’artiste capte les traces et les reliefs des roches. Avec une méthode originale, l’artiste allonge sur le sentier des pans de toiles de tissu fin. Ensuite, il les enduit d’encre, laquelle passe à travers les mailles, restituant ainsi l’empreinte de la roche. Les textures et les accidents du sol résonnent tel un écho tellurique sur les compositions. Sur de grands formats verticaux, de multiples nuances de noir et blanc, forment alors les sinuosités d’un chemin d’abstraction.

 

L’artiste brésilien Tomas Amorim revendique, lui, un travail entre photographie et sculpture. Mais de reliefs toujours il est question. L’artiste moule d’abord en plâtre ou ciment blanc des morceaux de papier froissés. « Je crée ainsi des formes et des reliefs sur les supports », explique-t-il. Dans un deuxième temps, il applique sur l’œuvre une émulsion photo sensible, ou des pigments, s’il veut colorer ses compositions. Sous l’action de la lumière, les tableaux très accidentés affichent alors leurs failles de façon très accentuées. Au sens propre, un vrai travail de profondeur.

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