Etienne Viard, dénis d'équilibre

24 mars - 14 mai 2016


Exposition personnelle de sculptures d'Etienne Viard.

Etienne Viard : dénis d’équilibre
L’esprit candide, qui aime substituer l’observation à l’expérimentation, constatera aisément, que les nouvelles sculptures d’acier d’Etienne Viard, présentées à la galerie Berthet-Aittouares, se présentent pour la plupart avec l’idée que l’ordre établi des choses, leur arrangement, leur position et leur implantation spatiale, n’est jamais que la condition d’une chute imminente.

C’est une dépendance où l’un se construit par l’autre. « J’aime que l’équilibre instable de mes nouvelles pièces soit toujours à la limite de la chute. Les plans sont un peu penchés, s’enchainent les une aux autres, mais ça ne tombe pas ! Le lien vient d’une articulation qui ne se voit pas, d’une soudure que je veux discrète, et qui retient l’ensemble dans sa position presque casse-gueule…

Il m’arrivait auparavant de procéder par une série de dessins préparatoires mais, maintenant, je préfère le plus souvent réaliser des petites maquettes dans l’atelier avec de la tôle très fine. Alors je fais très vite et très mal. Ma sculpture s’élabore sur ces morceaux d’impatience que je cherche à sauvegarder le plus intensément sans statufier ce premier jet...»

Cartes, plis, ou plans entrecroisés, le labeur du sculpteur sera de sauvegarder ce premier sketch, selon une présentation – ou une représentation - d’un ensemble de forces qui devraient à tout coup chavirer, basculer sous le poids de sa masse précaire enchainée ou carrément se «casser la gueule» selon l’idée assez commune que rien ne tient (on le sait bien) sur un seul angle de pivot d’assise comme un déni absolu d’équilibre.

Toute construction (il y a bien une vocation de bâtisseur chez Viard), née d’une synthèse du calcul et d’une jouissance de l’empirisme spatial, procède chez l’artiste autant du jeu que de la filiation à une famille de sculpteurs modernistes.
On y pense, forcément, tant mieux, par exemple à Anthony Caro pour son amour des déliements d’acier ou plus encore à l’Américain, David Smith dont les ultimes œuvres, Cubi, sculptures d’acier poli, se proposaient de faire entrer la lumière et le léger reflet de nuages mouvant dans la construction précaire.
Qui sait, à bien regarder, si l’immense masse d’un iceberg, prêt à craquer dans le silence de ses mues, ne se cache pas dans l’âme secrète des nouvelles sculptures d’Etienne Viard ? Forces obscures, chaos naturel ou obstination vitale de l’art…
L.B

 

 

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 ©Galerie Berthet-Aittouarès

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