Mario Giacomelli, photographie métaphysique 1975-2000

6 novembre – 28 novembre 2015

prolongation jusqu’au 5 décembre

 

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Cette quatrième exposition consacrée par la galerie Berthet-Aittouarès à Mario Giacomelli porte sur la période de maturité, sur le versant le moins connu de son œuvre, étrange, à la lisière du fantastique.Mario Giacomelli est né en 1925 à Senigallia, petite ville italienne des Marches, sur l’Adriatique. Il y meurt en 2000, sans s’en être éloigné de plus d’une cinquantaine de kilomètres. L’essentiel de son œuvre a été réalisée sur ce coin de terre.Lors de mon voyage à Senigallia, sur ses traces, arpentant les collines et longeant la mer, je n’ai rien vu qui me rappelle ses photographies, et pourtant, il les avait faites là. Par quelle magie avait-il pu métamorphoser ces lieux ordinaires pour les rendre si vertigineux, si émouvants ?De Mario Giacomelli le grand public connaît d’abord ses rondes de séminaristes en soutanes noires dansant et jouant sur la neige et aussi son «Scanno’s Boy», que John Szarkowski, le créateur et conservateur département Photographie du MOMA de New York, tenait pour une des plus importantes de l’histoire de la photographie.L’œuvre du photographe ne se limite cependant pas à cette fibre humaniste, si sensible soit-elle. Le goût de Giacomelli pour la poésie, son inclination à la méditation et à l’introspection l’amènent à une lecture singulière de la nature, métaphysique et transcendantale, faites de lignes et de contrastes. L’austère paysage des Marches, ses sillons, ses arbres nus deviennent le matériau dont Giacomelli tisse une vision définitive, tourmentée par l’existence et la mort.«Ce qui m’intéresse, disait-il n’est pas comprendre le sujet mais communiquer, dans un espace de liberté…un espace magique où donner libre cours à l’autoanalyse». Dès lors, l’immense production artistique de Giacomelli se radicalise en une vision introspective, avec le dessin de plus en plus abstrait d’une Terre en mutation et en représentation, imprégnée d’un monde venu de l’enfance, d’un monde paysan déserté de ses personnages.Nous présenterons une quarantaine de photographies réalisées pendant la période de la maturité de Mario Giacomelli :«Métamorphose de la terre» ou «Prise de conscience sur la nature» , paysage mental dont Giacomelli fait son autoportrait. (1970 – 2000)Après la terre, la mer vue du ciel : «La mer de mes récits», traitée en 1983-87; et encore la mer avec «Le dimanche d’avant» (2000), où il revisite symboliquement le littoral en hiver.En 1982-92, à partir de tiges métalliques émergeant de construction en béton armé, il compose des œuvres graphiques abstraites qu’il nomme «Poésie en recherche d’auteur».«Ce souvenir, je voudrais le raconter» (2000), dans lequel Giacomelli compose un scenario inquiétant, avec la mise en scène de chiens empaillés, de mannequins et de corbeau, dans laquelle il fait entrer en ombre sa propre silhouette, guère plus reconnaissable qu’un spectre, évocation sans faux-fuyants de sa prochaine disparition.

 

Odile Aittouarès

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 ©Galerie Berthet-Aittouarès

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