Mario Giacomelli, Photographe et poète

03/11/2011 – 10/12/2011

 

Vernissage jeudi 3 novembre à partir de 18 heures
Avec Photo Saint-Germain-des-Prés

 

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Pour leur 3ème exposition de l’artiste italien Mario Giacomelli, Michèle, Odile et Jean François Aittouarès mettront l’accent sur le rôle fusionnel de l’image et de l’écriture. Ainsi les photographies seront présentées avec des extraits de poèmes de Giacomelli ou d’auteurs qui l’ont inspiré.

“Si tu prétends être écrivain, et cela seulement, tu n’écriras rien”. L’avertissement au lecteur de Michel Tournier se trouve dans le livre Des clefs et des serrures qu’il consacrait en 1979 à la photographie et à une trentaine de photographes. Mario Giacomelli n’était pas dans le lot, il faut dire aussi qu’adolescent, il ne prétendait pas être photographe avant de photographier.

Imprimeur à 13 ans par la force des choses, Giacomelli a commencé à peindre dès l’adolescence, à l’âge où les garçons écrivent des poèmes, ce qu’il faisait aussi. La photographie qu’il découvre au seuil de la maturité lui procure d’abord des effets qui intéressent son regard de peintre, le flou de la mise au point, le hasard des mouvements d’appareil, le jeu des lumières et des contrastes.

Autodidacte que guide et encourage le photographe Giuseppe Cavalli, Giacomelli trouve bientôt dans la pellicule le moyen de transcrire ce qui le touche, l’Italie paysanne, la douleur et la solitude des hospices, la ferveur religieuse.

Le sujet réalisé sur le village de Scanno dans les Abruzzes, les récréations des séminaristes en rondes noires sur la neige lui vaudront dès le milieu des années 1960 la reconnaissance de la critique et l’adhésion du public.

Au pouvoir narratif et émotionnel de la photographie, Giacomelli ajoute le renfort du travail au laboratoire qu’il pratique lui-même, de manière à redistribuer les rôles des personnages qu’il isole ou souligne. Ainsi, cette veuve photographiée sur une place de Scanno devient-elle, sur un second tirage contrasté à l’extrême une silhouette étrange de tragédie qu’un chœur d’hommes au loin ignore ou respecte.

Giacomelli qui écrit toujours conserve et resserre ses liens avec la littérature et la poésie. Comme la série des Hospices inspirée des vers de Cesare Pavese «…La mort viendra et aura tes yeux… », le travail sur les Séminaristes trouvera son argument chez David Maria Turoldo «…Je n’ai pas de mains qui me caressent le visage…».

Une œuvre se construit, qui peu à peu s’éloigne d’une réalité humaniste pour aller vers l’abstraction et ses puissances. Les sections d’arbres séculaires et plus encore les champs qu’à partir de 1970 Giacomelli photographie d’avion, résonnent de sa relation à la trace et l’écrit, aux scarifications de la matière et de la terre.

Avec l’intensité d’une correspondance amoureuse, le dialogue entre la littérature et la photographie de Giacomelli puisera sa sève à des textes d’auteurs aussi divers qu’Edgar de Master, Giacomo Leopardi, Francesco Permunian, Eugenio Montale, Emily Dickinson, Mario Luzi, Jorge Luis Borges ou Giorgio Caproni. Il se révèlera par ses propres poèmes.

Inspirée par la maladie et par la mort, la série « Retour », fables étranges et mélancoliques d’un auteur vieilli environné d’animaux fait en 2000 son adieu à l’écriture par ce souhait autographe et non exaucé : “Ce souvenir, je voudrais le raconter”.


Ed. Chêne/Hachette

 

 

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