Articles de presse

Connaissance des arts, juin 2016, n°749

 

LA GALERIE BERTHET-AITTOUARES CÉLÈBRE SES 30 ANS

 

S’impose d’abord la ressemblance physique entre la mère et la fille, puis cette fidélité dans l’attention portée autant aux artistes et collectionneurs qu’aux critiques d’art. En 1986, Michèle Aittouarès, qui avait débuté avec son mari, ressent le besoin d’affirmer ses propres choix. À la seconde École de Paris se joignent Etienne Viard, Antoine Schneck ou les historiques Jean Degottex, Hans Hartung, Pierre Tal-Coat, Henri Michaux, Mario Giacomelli… « Au fil du temps, ma ligne s’est révélée dans des parcours toujours assez affinés » précise Michèle. Avant que sa fille Odile, qui l’a rejointe en 1999, ne complète : « Nous prisons souvent les œuvres tournées vers la gestualité et l’écriture ». Ici, les clients deviennent des amis, les artistes s’entraident et les discussions foisonnent autour de repas animés et accueillants, permettant de conduire un travail en profondeur. Alors que le métier s’est considérablement transformé, la galerie poursuit ce même engagement depuis trente ans.

M.M.

 

 

 

L’œil, juin 2016, n°691
 

30 ANS

 

Pour fêter les trente ans de leur galerie, « les filles » Michèle et Odile Aittouarès, ainsi que les appelait affectueusement l’acteur Philippe Noiret quand il passait les voir, exposent trente pièces et trente créateurs variant les moyens d’expression : dessin, peinture, sculpture, photographie, vidéo. « Ce qui nous importe avant tout, note Odile, c’est l’authenticité de l’artiste, l’efficacité de son expression, quels que soient les moyens utilisés. Chacun trouve les médiums avec lesquels il est en harmonie. » Ici, des figures historiques (André Marfaing, Hans Hartung, Jean Degottex, Pierre Tal-Coat) côtoient des plasticiens vivants comme Pierre Buraglio, Antoine Schneck, Jean-Pierre Schneider, Claude Viallat et Etienne Viard. Les prix des œuvres vont de 1 500 à 130 000 euros.

V. DE.

 

 

Officiel des galeries et musées, juillet 2016

 

JOLIE PETITE HISTOIRE !
 

« Il était une fois, la merveilleuse aventure d’une jolie petite galerie d’art à paris, devenue belle et réputée », telle pourrait être la phrase servant à introduire l’histoire d’un lieu délicieux né de l’amour de l’art : la galerie Berthet-Aittouarès

 

Après avoir été marchande aux Puces et galeriste dans le 9e arrondissement parisien avec son mari, Michèle Aittouarès concrétise son désir le plus cher en 1986 : ouvrir son propre lieu d’exposition à Saint-Germain-des-Prés dans le chaleureux quartier latin.

Installée rue de Seine au prestigieux numéro 29, adresse auparavant associée à la jeune notoriété d’Yvon Lambert, la galerie revêt le nom malicieux de « Berthet-Aittouarès », en référence aux noms de jeune fille et d’épouse de Michèle mais surtout pour une raison profitable à toutes fins utiles, aujourd’hui dévoilée : « Lorsqu’une négociation était difficile, je disais toujours que s’il n’y avait que moi, il n’y aurait pas de problème, mais que Berthet, mon associé, n’était pas d’accord ». Ce trait d’humour révèle également un esprit vif et ambitieux, nécessaire à la réussite de sa première exposition collective organisée au printemps 1987, Juin de l’abstraction. Amoureuse d’art avant-gardiste, non-figuratif, Michèle Aittouarès présente alors le travail d’Elvire Jan, Alfred Manessier et Jean Bazaine avant de consacrer ses cimaises aux œuvres de grands peintres lyriques, comme Hans Hartung ou Jean Degottex.

Biberonnée par le monde de l’art, sa fille Odile rejoint naturellement l’aventure de la galerie en 1999 après l’écriture de sa thèse sur Emile Othon Friesz, artiste fauve. « Les filles », comme les nomme Philippe Noiret lors de ses visites, contribuent à la renommée de grands peintres, de Pierre Tal-Coat à Henri Michaux, mais également à celle du photographe Mario Giacomelli par quatre fois, sans oublier en 2009, le bel hommage à la littérature et au 7ème art en dévoilant des documents inédits signés Jacques Prévert, Raymond Queneau et Alexandre Trauner.

Ces noms, qu’on ne présente plus, ont très certainement contribué à valoriser ceux d’artistes encore peu connus il y a quelques années, exposés pareillement à la galerie, aujourd’hui distingués dans le monde de l’art. Pierre Buraglio, Antoine Schneck, Claude Viallat ou Etienne Viard font l’objet d’une belle visibilité au-delà des murs de la galerie, dans les foires internationales où le charmant duo mère-fille défend ses préférences contemporaines.

Aujourd’hui, la galerie Berthet-Aittouarès, agrandie depuis 2014 avec l’espace du 2, rue des Beaux-Arts, célèbre un anniversaire précieux et notable,  ses 30 ans d’existence. Cette triple décennie témoigne d’un incontestable savoir-faire de ses actrices, Michèle et Odile, qui n’ont cessé d’œuvrer un peu, beaucoup, passionnément au prestige d’une « jolie petite galerie à Paris, devenue belle et réputée ».

Anne-Laure Peressin

 

 

Paris capitale, juin/juillet 2016, n°205

 

LA GALERIE BERTHET-AITTOUARES FÊTE SES TRENTE ANS
 

Trente artistes et trente œuvres célèbrent la passion de la famille Aittouarès pour l’art et une ligne directrice maintenue avec brio. Michèle et Odile, mère et fille, s’emploient à faire rayonner leur galerie et les artistes qu’elles défendent et exposent.

 

Depuis 30 ans, Michèle Aittouarès séduit aussi bien par son ravissant sourire que par la qualité des œuvres de sa galerie. C’est en 1986 qu’elle prend son envol au 29 rue de Seine où, dès sa première exposition, elle donne le ton avec « Juin de l’abstraction ». Depuis, elle ne quitte plus ses chers Tal-Coat, Henri Michaux, Hans Hartung, Jean Degottex, Georges Noël ou André Marfaing. Avec un amour pour le trait, le dessin comme la picturalité, et surtout l’écriture du geste qu’elle ne cesse de chercher parmi les jeunes artistes en compagnie de sa fille Odile à partir de 1999. Au rez-de-chaussée et au fond de la charmante cour au cœur de Saint-Germain-des-Prés s’y croisent Michel Butor et Philippe Noiret. Aujourd’hui, deux ans déjà après le décès de Jean-François Aittouarès, mère et fille ont étendu leur galerie jusqu’au 2 rue des Beaux-Arts où Pierre Buraglio, Bertrand Hugues, Antoine Schneck, Etienne Viard ou Claude Viallat se côtoient sur les cimaises. Pour les trente de la galerie ? Trente artistes et trente œuvres.

 

  • Michèle Aittouarès, votre déclic pour l’art ?

Evidemment très tôt un intérêt pour les visites des musées. Puis mon premier plongeon avec un job d’étudiante chez un antiquaire de la rue de l’Université. Là, c’est la rencontre avec des objets chargés d’histoire, dessins et peintures, le choc.

 

  • Odile Aittouarès, votre déclic pour l’art ?

Pas un repas de famille ne se passait sans parler d’art ; alors pour le plaisir de communiquer, nous, les enfants, nous nous sommes intéressés au monde de l’art. C’est tout naturellement que j’ai fait des études à l’université en Archéologie et Histoire de l’art. Passion et métier sont devenus indissociables.

 

  • Qu’est-ce qui vous passionne dans le métier de galeriste ?

Ce qui nous passionne, ce sont les découvertes d’œuvres, d’artiste et les rencontres avec des collectionneurs amateurs d’art « séduisants » comme Jean Anouilh, Jean Lacouture, François Nourissier, Yves Simon, Philippe Noiret… Partager des passions et continuer à découvrir, à apprendre. Un métier en perpétuelle évolution.

 

Le Parisien, Janvier 2016

 

Le premier jeudi du mois, les galeries de la rue des Beaux-Arts font nocturne

 

Flâner dans la capitale quand toutes les boutiques sont fermées peut rapidement tourner à l’ennui. Alors, pour inciter les Parisiens qui sortent tard du bureau à s’offrir une virée avant de rentrer chez eux, les 25 galeries de la rue des Beaux-Arts, située en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés (VIe), ont décidé de faire nocturne jusqu’à 21h tous les premiers jeudis de chaque mois. Un rendez-vous organisé pour animer le quartier et permettre aux collectionneurs, amateurs d’art, simples promeneurs et touristes de venir leur rendre visite en dehors des heures d’ouverture.

Un concert de jazz organisé demain à l’Hôtel. « Nous voulons offrir aux personnes qui travaillent tard la possibilité de partager un moment de convivialité avec nous », explique Odile, de la galerie Berthet-Aittouarès …

 

Extrait d’un article de Christine Henry

 

Journal du Comité Professionnel des Galeries d’Art, mai-juin 2015

« Le but de l’art, c’est la délectation. » Nicolas Poussin

 

C’est l’exigence première pour s’assurer de la pérennité d’une œuvre et de sa valeur. Depuis l’ouverture de la galerie, en 1986, nous avons fait le bonheur des multiples collectionneurs qui  nous ont fait confiance. Alors qu’elles étaient encore à des prix accessibles, nous avons proposé des œuvres dont la cote s’est depuis envolée, comme des tableaux et dessins de Martin Barré, de Henri Matisse ou de Zao Wou Ki.

Nous continuons ce travail avec des œuvres d’artistes comme celles de Jean Degottex, Hans Hartung, Pierre Tal Coat, Henri Michaux, André Marfaing, Jean Pierre Schneider, Antoine Schneck, Herta Müller, Etienne Viard, Mario Giacomelli et Liu Bolin, pour n’en citer que quelques-uns.

Nous les avons choisies d’abord pour leurs qualités esthétiques exceptionnelles, et parce que leur cote, encore actuellement abordable, est en devenir.

 

Le Figaro Beaux-Arts, Hors-Série, 2011
 

Michèle et Odile Aittouarès : promouvoir des artistes mal reconnus

 

Avez-vous une recette pour être galeristes ?

Nous défendons les artistes que nous aimons et qui nous paraissent mal reconnus. Ça peut être des artistes déjà disparus ou des jeunes (nous entendons par là tous ceux qui sont vivants) ! C’est toujours un coup de cœur, où la chance et le hasard ont parfois leur part. Prenez Mario Giacomelli. Un ami nous demandait depuis longtemps de jeter un coup d’œil à sa collection. Nous y sommes allés, avons vu des photographies d’artistes très connus – Boubat, Doisneau, Cartier-Bresson. Et à côté, il y avait des clichés de Giacomelli. Un personnage incroyable qui, jusqu’à sa mort en 2000, a tenu sa boutique à Senigallia, en Italie, où il imprimait des faire-part de décès, tenait un camping et allait jusqu’à fabriquer des porte-clés avec ses photos. La découverte de cette collection a été le point de départ de deux expositions à la galerie en 2000 et 2004 puis, tout récemment au musée de la Photographie de Tokyo.

 

Pouvez-vous nous citer un aristés que vous avez « relancé » ?

André Marfaing. Il avait disparu. Depuis vingt ans, on ne voyait plus ses peintures. Avec l’accord de sa famille, nous l’avons exposé. Dans la foulée, il a eu trois expositions : au Grand Théâtre d’Angers, au Centre d’arts plastiques de Royan et aux Abattoirs de Toulouse. Il a aussi été montré dans la rétrospective « Le noire est une couleur » à la Fondation Maeght et à l’exposition « L’envolée lyrique » au musée du Luxembourg. Aujourd’hui Marfaing revit.

 

Internet, c’est important ?

C’est un instrument indispensable pour faire connaître nos expositions et pour communiquer avec nos clients. Un exemple : une sculpture d’un de nos artiste, Etienne Viard, a été publiée en couverture d’Architectural Digest aux Etats-Unis. Des lecteurs l’ont vue et ont été intéressés. Cinq ou six sont entrés en relation avec nous par mail. Deux contacts se sont concrétisés par des achats, un autre est devenu client régulier de la galerie. Mais nous ne l’avons jamais rencontré !

 

Rafael Pic


L’œil, juin 2010, n°625

 

QUESTION À … Michèle Aittouarès, vice-présidente d’art Saint-Germain-des-Prés

 

Les galeries de Saint-Germain-des-Prés organisent du 27 au 30 mai leurs douzièmes journées portes ouvertes. Qu’est-ce qui caractérise cette édition ?

Nous avons le plaisir de compter de nouveaux participants, les spécialistes du design et de l’Art déco : les galeries Downtown, Jousse Entreprise, Lacoste, Michel Giraud, de Casson, Espaces 54, et aussi pour la première fois, la galerie Charles-Wesley Hourdé, spécialiste des arts premiers d’Afrique, d’Océanie et d’Amérique, ainsi que la galerie Lipao-Huang. Dans un même temps, le quartier s’est enrichi de cinq galeries nouvellement implantées, dont la galerie Bally contemporain qui inaugure en présentant la photographe Sabine Pigalle, la galerie de photographies Images de Fer, IF, une galerie d’art contemporain du Maghreb et d’Afrique, et Cipango, spécialisée dans les bijoux d’artistes. Chaque galeriste participant a concocté un programme spécifique pour faire de cette manifestation un événement exceptionnel.

 

La concurrence des foires et des SVV n’est-elle pas trop forte ?

Art Saint-Germain est une foire in situ qui joue les prolongations. Les foires satisfont dans un même lieu et un même temps les passions des amateurs, leur offrant choix et chaleur des réunions, c’est un peu la fête communautaire. Elles sont aussi bonne réponse à la dynamique des salles de ventes.

 

Comment vivez-vous l’arrivée de « poids lourds » avenue Matignon ?

Nous apprécions que des galeries internationales choisissent Paris. C’ets un signe de confiance qui ne peut être que bénéfique.

 

Vernissage, octobre 2009, n°7

 

Art Elysées : un prolongement logique
 

Depuis sa création, ce salon, qui attire une grande sympathie du public, s’impose comme un « salon des refusés ». Avec des rebelles qui assument leur différence : ne pas jouer des modes pour affirmer une sorte d’éthique, sur le long terme

 

« Vous savez, dit sans complexe Baudoin Lebon, initiateur de ce salon qu’il tient à bout de bras avec Michèle Aittouarès, nous ne nous faisons pas d’illusions : si l’on donne le choix à l’un de nos participants entre la Fiac et un autre salon, quel qu’il soit… nous connaissons la réponse ! » Michèle Aittouarès nuance : « Nous avons notre public. Les gens y compris les collectionneurs, aiment notre salon »

Cette année, Art Elysées a connu l’effet boomerang. Celui qui a fait que certains, dont la présence semblait acquise, ont été  « recrutés » par la Fiac… en lieu et place de ceux qui lui faisaient défaut. On pourrait citer des noms mais… on leu souhaite d’avoir fait le bon choix au bon moment. La concurrence de Lyon et de sa foire judicieusement créée au cœur de la biennale s’est aussi fait sentir. Art Elysées se repositionne donc, avec courage, autour de ses piliers (Baudoin Lebon, Berthet-Aittouarès, Bernard Ceysson, Lucien Schweitzer, Kandler…), tout en continuant de s’ouvrir notamment sur la province, dont le dynamisme, parfois méprisé, est en train de faire ses preuves. Sur l’étranger aussi avec, notamment, la présence de Denise Cadé (New York) et Bel Air (Genève).

« Notre force c’est notre rigueur, commente Baudoin Lebon. Nous n’avons pas varié dans nos critères : nous rassemblons toujours des galeries qui travaillent sur le long terme avec des artistes ou autour d’un thème de prédilection. » Un gage de qualité apprécié du public : il trouve dans ce salon un bel éventail de galeries qui offrent des œuvres des premier et second marchés, souvent accessibles. Stratégiquement installé sur les Champs-Elysées, entre Grand Palais et Concorde, Art Elysées réunira une soixantaine de galeries. Bonne nouvelle : les organisateurs ont décidé d’améliorer les conditions d’accueil du public, notamment par une régulation des entrées qui, l’an dernier, avaient été très nombreuses ! A noter, Guillaume Durand, invité d’honneur, devrait présenter sa collection.

 

 

Rive gauche mag

 

Depuis l’ouverture de leur galerie en 1986, Michèle Aittouarès et sa fille Odile Aittouarès-Inzerillo fonctionnent au coup de cœur. Dans leur espace épuré de la rue de Seine, elles exposent en permanence des peintures, dessins, vidéos, sculptures et photographies sans idées préconçues. Résolues à ne pas se cantonner à un système de pensée, elles accompagnent les artistes déjà consacrés tels que Henri Michaux, Pierre Tal-Coat, André Marfaing ou encore Etienne Martin mais se font également découvreuses de jeunes talents, comme le peintre Jean-Pierre Schneider, le sculpteur Etienne Viard, le photographe Antoine Schneck. Les œuvres cohabitent subtilement dans cette galerie à la disposition étonnante, puisque deux salles sont séparées par une petite cour intérieure intelligemment mise à profit pour exposer des sculptures. A la galerie Berthet-Aittouarès, on est séduit pas l’éclectisme et la simplicité d’approche de l’art. Par ailleurs, Michèle et Odile participent aux foires d’ArtParis et Art Elysées depuis leur création en 1999 et 2007 et sont membres du Comité professionnel des galeries d’art.


 

Paris l’Express, octobre 2001

 

Le bonheur est dans le Pré

 

Réunis au sein de l’association Art Saint-Germain-des-Prés, les galeristes se mobilisent pour préserver l’âme de leur quartier

 

Le cœur historique de Paris bat toujours ! Le 8 novembre, les galeristes des rues Bonaparte, Mazarine, Jacob, Guénégaud, Beaux-Arts et Callot font vernissage commun. Ils présenteront simultanément, en nocturne, des œuvres de photographes, peintres, sculpteurs, plasticiens ou designers. Cet événement fait écho à un autre grand rendez-vous dans le quartier, chaque année, au mois de mai, avec portes ouvertes, nocturnes, fanfare et la contribution d’artistes de rue comme Jérôme Mesnager. « En réunissant différents artistes autour d’évènements de ce genre, nous avons un impact beaucoup plus fort », explique Michèle Aittouarès. Installée rue de Seine, elle a fondé avec six confrères, en 1998, Art Saint-Germain-des-Prés, une association qui réunit aujourd’hui une centaine de professionnels soucieux de réaffirmer, au travers d’évènements teks que celui-ci, l’esprit de fête et de découverte qui est l’essence même du quartier. « Comparé à Beaubourg, haut lieu de l’avant-garde, ou à Drouot, point de rendez-vous des antiquaires, la particularité de Saint-Germain réside dans son absolue diversité : vous trouvez aussi bien de l’art contemporain, moderne, que des productions de style primitif, tribal, du mobilier Art déco, de la gravure, de l’archéologie ou encore de la photo… Et quelle profusion ! Il y a pratiquement une nouvelle galerie à chaque numéro de rue ! », s’enthousiasme-t-elle, en dévoilant ses propres trésors : une peinture de George Badin, enrichie d’un poème de Michel Butor, une femme nue dans sa gangue d’ombre, fixée par le photographe Daniel Frasnay ou les rondes de séminaristes de cet autre photographe, Giacomelli, auquel la maison Berthet-Aittouarès rendra prochainement les honneurs. De l’avis général, la fidélité des amateurs d’art – simples curieux ou collectionneurs chevronnés – ne s’est jamais démentie. « Il vient ici des collectionneurs fortunés, des personnalités comme Philippe Noiret ou Lambert Wilson, mais aussi des étudiants, des gens modestes. J’ai une cliente institutrice, passionnée, qui achète un tableau par an », raconte Michèle Aittouarès. Pourtant, ces dix dernières années, l’envolée de l’immobilier, l’arrivée des marques et des boutiques de mode ont amené les galeristes à s’interroger sur le devenir de Saint-Germain. « Même si notre périmètre a été relativement préservé jusqu’à présent, nous n’avons aucune envie de devenir une avenue Montaigne bis, affirme Jean-François, l’époux de la galeriste, également dans la profession. En dix ans, le quartier s’est enrichi. Il y a une escalade du luxe. C’est à la fois un atout et un handicap – en raison des coûts – pour défendre de jeunes artistes et faire que ce coin de Paris reste vivant. » Il est d’ordinaire très rare de voir des galeristes se fédérer. Ce sont des solitaires, de fortes individualités – leur métier l’exige. A Saint-Germain, il n’a guère fallu plus de deux ou trois années pour convaincre la plupart de rejoindre l’association. Et ce pour la simple raison que tous partagent le même intérêt et la même volonté : « Tout mettre en œuvre pour que le quartier continue d’être ce qu’il a toujours été depuis Vian et Gréco, un terrain de plaisir. » Qui les blâmerait ?

 

Stéphane Malterre

 

 

Hebdoscope, février 2000

 

St’art 2000 : coups de cœur
 

Cette galerie parisienne est une habituée de St’art, puisqu’elle en est à sa quatrième participation. Michèle Aittouarès vient à Strasbourg avec plaisir, y rencontrer une clientèle exigeante. Pour elle, les contacts vont ici de pair avec la confiance. Les clients font preuve de goût et les achats font l’objet de recherches sérieuses. La galerie proposait deux parties distinctes sur son stand : un cabinet d’amateurs et des artistes contemporains. On aura pu y admirer quelques belles pièces : un pastel d’Edouard Vuillard, quelques encres et dessins d’André Derain, des dessins de Pierre Bonnard, une encre de Picasso, mais également des œuvres d’André Lhote, Luc Pierre, Marcelle Kahn, Valmier, Doucet, Mathieu ou encore Henri Michaux. De petits bijoux, un régal !

Les artistes contemporains étaient représentés par Slimane Ould Mohand, Georges Badin et Laurent Chabolle.
 

14-29, rue de Seine, 75006 Paris
contact@galerie-ba.com
+ 33 (0) 1 43 26 53 09

 ©Galerie Berthet-Aittouarès

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