Jacques Clauzel

 
 

Biographie

A force d’entendre dire que j’utilisais de belles couleurs, ce qui signifiait, pour moi en tous cas, que ces couleurs étaient perçues, non pour ce que j’attendais d’elles, c'est-à-dire, pour leur capacité à signifier, mais seulement en fonction de leurs qualités esthétiques, je décidais donc de ne plus utiliser que le noir et le blanc. [...]
Ces couleurs qui viennent tout droit de la lumière dont ils sont baignés, n’existent en leur état présent que parce que c’est cette lumière qui les touche. En effet, comme par une sorte de miracle, « ces blancs » sont sensibles
à la qualité de la lumière qui les baigne et réagissent chaque fois différemment. En un mot je crois qu’on pourrait dire que modifier la qualité de la lumière, (c'est-à-dire sa composition structurelle, intervenir sur les longueurs d’ondes qui la constituent, comme diraient les scientifiques) c’est intervenir sur la couleur. Cette couleur
qui monte du fond vers la surface, véritable émergence…couleur de lumière, de lumière pure. [...]
Si une œuvre noire s’impose d’entrée, par ce que j’appellerais son poids (le noir est lourd, puissant par
lui-même), une œuvre blanche demande pour atteindre à cette puissance, à cette force, tout autre chose. L’œuvre blanche doit jouer sur un autre terrain. Le blanc me parait par essence du domaine de l’immatériel.
On ne doit pas lui demander de rivaliser avec le noir.
Jacques Clauzel
   
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