BERTRAND HUGUES

 

Ces fragments végétaux nous sont connus.

Combien de fois les avons-nous arrachés, tels des importuns, de la haie dont ils dépassaient, poussés boueux, du bout du soulier, ou encore transpercés d’un râteau implacable.

Nous avons raillé la lunaire poussiéreuse disposée dans le pot d’étain de Tante Adèle, et en avons parfois arraché les siliques translucides et jaunies par le temps.

 

 

 

 

 

Nous les avons froissés, fourrés dans les poches, parfois enserrés dans un livre ou collés dans un cahier.

Mais combien d’entre nous les ont pris au creux de la main, les ont portés à la lumière et par la grâce d’un regard différent, leur ont insufflé la vie.

 

 

 

 

Démarche esthétique dépassée diront ceux pour qui la photographie doit provoquer, dénoncer, dire le monde d’aujourd’hui.

Mais qui oserait prétendre que ces fragments si familiers ne sont pas la vie, avec ses parenthèses délicieuses entre ombre et lumière, ses flottements, et le temps qui parfois suspend son cours.

 


 

 


Galerie Berthet-AittouaresActualityExhibitionAccessContact